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Je suis un primate

Le 27 mars sur CNEWS, il a été demandé au docteur en psychologie Jean Doridot s’il n’y avait pas, chez le nouveau maire de Saint-Denis, une volonté de « repousser les limites ». Je suppose que cette discussion faisait suite au conseil municipal bordélique qui a suivi son élection, ou encore à l’annonce du désarmement de sa police.

Voici sa réponse :

« C’est important de rappeler que l’Homo sapiens, nous sommes des mammifères sociaux de la famille des grands singes et, par conséquent, dans toute collectivité, dans toute tribu — nos ancêtres chasseurs-cueilleurs vivaient en tribu —, il y a un chef qui a pour mission d’installer son autorité. Et là, ce qui se révèle avec l’élection de Monsieur Bally Bagayoko à Saint-Denis, c’est que ça rappelle quand même qu’un maire, dans une commune, a énormément de pouvoir. Ça, c’est vrai depuis toujours ; il a beaucoup de latitude, de possibilités d’action et, je ne veux pas faire de procès d’intention — je ne connais pas ce monsieur —, maintenant, monsieur l’ancien sous-préfet le rappelait, nous sommes dans une démocratie, un état de droit, on ne peut pas faire ce qu’on veut. »

Réponse qui a provoqué une polémique nationale et entraîné une saisine de l’Arcom et un dépôt de plainte, en raison de son racisme supposé.

Bally Bagayoko, qui est donc le nouveau maire de Saint-Denis et qui se trouve être noir, a en effet été assimilé à un grand singe et à un chef de tribu. Sauf que, et je suis bien navré de le dire, mais oui, Bally Bagayoko est un primate… comme vous et moi !

Tels les grands singes, Homo sapiens appartient au règne animal et plus précisément à l’ordre des Primates, c’est un fait. Et en tant qu’hommes modernes — « hommes et femmes modernes » diraient certains —, nous cherchons le pouvoir, et certains d’entre nous encore plus que d’autres avec une volonté de devenir chef, chef de tribu. Le meneur dans un groupe d’amis est un chef de tribu, de même que le chef d’entreprise, le président d’une assemblée délibérante, le Premier Ministre ou encore le président de la République, notre grand chef tribal.

Cette polémique n’a qu’un but : se victimiser pour faire parler de soi et entretenir le mythe du retour du fascisme afin d’en tirer des bénéfices électoraux.

Ce qui me désole, c’est qu’il n’y aurait pas eu de scandale si le niveau intellectuel du Français moyen n’était pas si désastreux, à croire qu’il ne maîtrise même plus sa langue maternelle. En effet, les propos de Jean Doridot sont sans équivoque et n’appellent à aucune polémique, mais encore faut-il avoir la capacité de les comprendre. Il a simplement dit que Bally Bagayoko, en tant qu’être humain et pas en tant que Noir, cherchait à s’imposer pour obtenir le pouvoir local, ce qui bien naturel. Et contrairement à la gauche, il ne l’a pas enfermé dans sa race mais inclus dans un nous global et fraternel.

On voit là que les antiracistes, quand ils trouvent dans un même paragraphe les mots noir et singe, et alors même qu’ils n’y comprennent rien, font eux-mêmes et inconsciemment le lien entre noir et singe, comme si l’un n’allait pas sans l’autre. Comme un vieux réflexe raciste.